Fiscalité 2025 : comprendre les taxes sur la revente de bijoux en or en France

Revendre ses bijoux en or peut être un excellent moyen de dégager de la trésorerie ou de valoriser un patrimoine dormant. Mais avant de franchir la porte d’un comptoir de rachat d’or, d’un bijoutier ou de mettre en vente un bijou signé sur internet, il est indispensable de comprendre la fiscalité applicable en 2025 à la revente de bijoux en or en France.

En effet, les ventes d’or (bijoux, lingots, pièces d’investissement, débris d’or) sont encadrées par plusieurs dispositifs fiscaux spécifiques. Selon le type d’or, le montant de la cession, votre situation et les justificatifs dont vous disposez, la taxation peut fortement varier. Une bonne connaissance de ces règles permet d’optimiser la revente, de limiter la fiscalité et d’éviter les mauvaises surprises.

Quels types de bijoux en or sont concernés par la fiscalité en 2025 ?

La revente de bijoux en or concerne un large éventail d’objets, tous potentiellement soumis à une taxation en cas de cession :

  • Bijoux en or classiques : bagues, chaînes, bracelets, colliers, pendentifs, boucles d’oreilles, etc.
  • Bijoux anciens ou de collection : pièces de haute joaillerie, bijoux signés (Cartier, Van Cleef & Arpels, Boucheron, etc.).
  • Bijoux en or abîmés ou dépareillés : souvent revendus au poids de l’or, comme de simples débris d’or.
  • Objets en or assimilés : montres en or, médailles, pièces mêlant or et pierres précieuses.

La loi ne distingue pas la valeur sentimentale du bijou, mais uniquement sa nature (or, métaux précieux), son prix de cession et, dans certains cas, sa valeur artistique ou de collection. C’est cette qualification qui va déterminer si vous relevez de la taxe sur les métaux précieux ou du régime des plus-values sur biens meubles.

Deux grands régimes fiscaux pour la revente de bijoux en or

En France, la fiscalité 2025 de la revente de bijoux en or est structurée autour de deux mécanismes principaux :

  • La taxe sur les métaux précieux (TMP)
  • Le régime des plus-values sur biens meubles

Dans la plupart des cas, la taxe sur les métaux précieux s’applique par défaut. Toutefois, le vendeur peut parfois opter pour le régime des plus-values, généralement plus avantageux lorsque vous pouvez prouver le prix et la date d’acquisition du bijou.

La taxe sur les métaux précieux (TMP) applicable aux bijoux en or en 2025

La taxe sur les métaux précieux est un dispositif spécifique qui vise principalement les cessions d’or, d’argent et de platine. Elle concerne notamment :

  • Les lingots et lingotins d’or
  • Les pièces d’or non considérées comme or d’investissement
  • Les débris d’or (bijoux cassés, éléments d’or destinés à la fonte)
  • Certains bijoux en or revendus au poids, assimilés à des métaux précieux

En 2025, sauf réforme spécifique, les taux en vigueur restent alignés sur ceux déjà en place :

  • 11 % de taxe sur les métaux précieux
  • 0,5 % de CRDS (Contribution pour le Remboursement de la Dette Sociale)

Soit une imposition globale de 11,5 % sur le prix de vente (et non sur la plus-value). Autrement dit, même si vous revendez un bijou en or sans réaliser de gain par rapport à votre prix d’achat, la taxe s’applique sur le montant total de la cession.

Bon à savoir : La TMP n’est pas conditionnée à un seuil de 5 000 € pour les métaux précieux. En revanche, ce seuil intervient pour certains bijoux et objets d’art dans le cadre du régime des plus-values, comme nous le verrons plus loin.

Le régime des plus-values sur biens meubles : une alternative parfois plus avantageuse

Le second régime possible est celui des plus-values sur biens meubles. Il est particulièrement intéressant lorsque vous vendez :

  • Un bijou en or de collection ou de haute joaillerie, avec une forte valeur esthétique ou artistique.
  • Un bijou en or dont vous pouvez justifier le prix d’achat et la date d’acquisition (facture, attestation, succession).

Ce régime permet d’être imposé non pas sur le prix total de vente, mais seulement sur la plus-value réelle, c’est-à-dire la différence entre le prix de vente et le prix d’acquisition.

En 2025, les principales caractéristiques de ce régime sont les suivantes :

  • Taux global de 36,2 % sur la plus-value (19 % d’impôt + 17,2 % de prélèvements sociaux), sauf changement législatif.
  • Abattement pour durée de détention : 5 % par année de détention à partir de la 3ᵉ année.
  • Exonération totale au bout de 22 ans de détention.

Concrètement, plus vous détenez le bijou en or longtemps, plus la fiscalité diminue. À partir d’un certain niveau de plus-value et de durée de détention, ce régime devient nettement plus intéressant que la taxe sur les métaux précieux.

Important : Pour bénéficier du régime des plus-values, vous devez être en mesure de prouver l’origine, le prix et la date d’acquisition (factures d’achat, attestation de succession, donation, etc.). À défaut de justificatifs, l’administration fiscale considère que la taxation par la TMP est applicable.

Seuil de 5 000 € et exonération sur certains bijoux et objets d’art

La fiscalité 2025 de la revente de bijoux en or prévoit un seuil important de 5 000 € pour le régime des plus-values sur biens meubles :

  • Si la valeur de vente de votre bijou en or (ou de votre lot de bijoux) est inférieure ou égale à 5 000 € : la cession est exonérée d’impôt dans le cadre du régime des plus-values.
  • Au-delà de 5 000 € : la plus-value éventuelle est imposable selon les règles évoquées ci-dessus.

Ce seuil concerne notamment les bijoux, objets d’art, de collection ou d’antiquité, et non les métaux précieux strictement assimilés (comme un lot de débris d’or revendus au poids à un fondeur). Un bijou en or de marque vendu en tant que bien de collection peut, sous certaines conditions, bénéficier de ce régime favorable, en particulier si sa vente n’excède pas 5 000 €.

Fiscalité de la revente d’or par des particuliers vs professionnels

La fiscalité de la revente de bijoux en or n’est pas la même selon que vous agissez en tant que particulier ou en tant que professionnel :

  • Particuliers : vous êtes concerné par la taxe sur les métaux précieux ou le régime des plus-values sur biens meubles. C’est la situation la plus fréquente pour la vente de bijoux personnels, hérités ou offerts.
  • Professionnels (bijoutiers, marchands, artisans) : les bijoux en or revendus dans le cadre de votre activité entrent dans le régime des bénéfices professionnels (BIC, BNC, etc.). Les règles d’imposition sont alors différentes et ne relèvent pas de la TMP dans la plupart des cas.

La majorité des opérations de rachat d’or par les particuliers (vente à un comptoir d’achat d’or, à un bijoutier, à une enseigne spécialisée) s’inscrivent dans le cadre de la TMP, sauf lorsque le vendeur opte de façon justifiée pour le régime des plus-values.

Qui paie la taxe lors de la revente de bijoux en or et comment ?

En pratique, la collecte et le paiement de la taxe sur les métaux précieux sont souvent assurés par l’intermédiaire qui rachète l’or :

  • Comptoirs de rachat d’or, joailliers, numismates, sociétés de rachat en ligne.

Ce professionnel se charge généralement de déclarer et de reverser la taxe au Trésor public, puis de vous payer un prix net de la taxe. Il est donc essentiel de vérifier si le prix de rachat qui vous est annoncé est net ou brut de fiscalité, afin de comparer correctement les offres entre différents acheteurs.

Lorsque vous optez pour le régime des plus-values sur biens meubles, la démarche est différente. La déclaration de la plus-value s’effectue via des formulaires spécifiques (type 2048-M-SD, par exemple) et l’impôt est acquitté le plus souvent au moment de la cession, par vous-même ou via l’intermédiaire si l’opération est encadrée par un professionnel.

Comment optimiser la fiscalité de la revente de vos bijoux en or en 2025 ?

Il est possible de limiter la charge fiscale liée à la revente de bijoux en or en agissant sur plusieurs leviers, dans le respect de la réglementation :

  • Conserver les preuves d’achat : factures de bijouterie, certificats, documents de succession ou de donation. Ces justificatifs vous ouvrent la voie au régime plus favorable des plus-values réelles.
  • Anticiper la durée de détention : plus vous détenez longtemps votre bijou en or, plus l’abattement sur la plus-value est important, jusqu’à l’exonération totale au bout de 22 ans.
  • Fragmenter les ventes lorsque c’est pertinent : pour certains bijoux de moyenne valeur, plusieurs cessions distinctes peuvent permettre de rester sous le seuil de 5 000 €, tout en respectant l’esprit de la loi et sans abuser du dispositif.
  • Comparer les régimes fiscaux : selon la valeur de votre bijou, son origine et sa durée de détention, il peut être plus ou moins avantageux de choisir la TMP ou le régime des plus-values.
  • Faire estimer vos bijoux : un bijou en or signé ou ancien peut être vendu bien au-delà de sa valeur en métal. Une expertise par un professionnel de la joaillerie ou un commissaire-priseur peut transformer une simple vente au poids en véritable cession d’objet de collection, avec un régime fiscal plus adapté.

Pour les patrimoines importants, combiner conseil fiscal et expertise en joaillerie est souvent la meilleure stratégie afin d’optimiser la fiscalité 2025 de la revente d’or.

Revente de bijoux en or issus d’une succession ou d’une donation

Les bijoux en or reçus par héritage ou par donation obéissent également à des règles spécifiques. Ils ont une valeur déclarée au moment de la succession ou de la donation. Cette valeur peut servir de base pour calculer la future plus-value en cas de revente.

Si vous revendez ces bijoux en or plusieurs années après, la fiscalité peut être allégée grâce à :

  • La prise en compte de la valeur déclarée lors de la succession ou de la donation comme prix d’acquisition.
  • L’abattement pour durée de détention dans le cadre du régime des plus-values.

Il est donc important de conserver soigneusement tout document lié à la succession (déclaration de succession, inventaires, estimations) ou à la donation (acte notarié, évaluations des bijoux), afin de pouvoir justifier la valeur d’origine auprès de l’administration fiscale en cas de contrôle.

Perspectives 2025 et vigilance réglementaire

Le cadre de la fiscalité sur les métaux précieux et la revente de bijoux en or évolue régulièrement au fil des lois de finances. Pour 2025, les dispositifs présentés sont basés sur les règles en vigueur et les tendances observées, sous réserve d’éventuelles réformes votées ultérieurement.

Avant une revente importante, il reste prudent de :

  • Consulter les textes fiscaux à jour ou un conseiller fiscal.
  • Demander au professionnel de rachat d’or le détail précis de la fiscalité appliquée à la transaction.
  • Comparer plusieurs propositions, en veillant à distinguer la valeur de l’or, les frais et la taxe.

Comprendre le mécanisme des taxes et des plus-values permet non seulement de vendre ses bijoux en or dans les meilleures conditions, mais aussi de mieux gérer son patrimoine précieux à long terme. En 2025, la maîtrise de la fiscalité reste donc un élément central pour toute opération de rachat et de revente de bijoux en or en France.